All the king's men

Publié le par yak

USA. 1950. En Louisiane, un homme issu de la société civile (Sean Penn) est encouragé à se présenter aux élections pour devenir gouverneur. Se rendant compte de la manipulation dont il fait l'objet, il se lance corps et âme dans cette bataille, et finit par être élu. Son ascension est fulgurante, sa chute sera d'autant plus spectaculaire. On suit l'ascension de ce Willie Stark, loser parmi les loser qui apprend les rouages de la politique, prédateur et victime, qui tente de retirer les bâtons qui s'immiscent dans ses pas. Dire qu'il n'était qu'un idéaliste naïf quelques années plus tôt...

Tout l'intérêt du film se situe dans le traitement de la vie politique, certes placée dans un contexte éloigné de l'actualité mais tellement transposable aujourd'hui. Ce qui ressort du film c'est qu'en politique rien n'est tout blanc ni tout noir, mais une perpétuelle cohabitation entre des personnes aux volontés contraires. Au sein même de Stark cette collision des volontés est criante: lui qui contestait tant le pouvoir en place et dénonçait les journalistes pour leur parti pris, se lie avec Jack Burden (Jude Law), journaliste de son état, et son exact opposé, tout en silences et en furtivité. L'ironie veut que le film se passe en Louisiane, l'Etat qui a subi l'ouragan Katerina, et qui ne sait pas ce que sont devenues les subventions qui lui ont été attribuées. Je mets ça sur le compte de la coïncidence vu que le film a été tourné il y a deux ans.

Ensuite, que dire de la performance de Sean Penn, tellement engagé et confondant d'enthousiasme? L'énergie folle qu'il dégage est totalement impressionnante, et éclipse tous les autres. Jude Law joue les faire-valoir avec sobriété et mystère, Kate Winslet prend la lumière sans jamais tomber dans la niaiserie dans laquelle ses scènes pouvaient tomber. L'image en clair-obscur est très belle, même si elle endort un peu (hem.. :p), elle retire le contexte temporel du film et rajoute à la guerre des compromis. Dans l'Amérique de Bush, ce film apparaît comme une dénonciation des jeux de pouvoir, au détriment des gens de la base. Le film est réaliste, très immersif par son montage qui suit au plus près les actions de Stark puis de Jack. Malheureusement, le film aurait gagné à plus de clarté, et donc à plus de scènes, mais nul doute que la production voulait conserver un film exploitable facilement plutôt qu'une longue fresque de trois heures. La seule concession de Zallman, scénariste de la Liste de Schindler, aux studios si proches du pouvoir... Mais énorme prestation de Sean Penn.. :o

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