La (dé)fête du cinema

Publié le par yak

Aujourd'hui s'ouvre donc l'événement cinema annuel du mois de juin: la fête du cinema, 23e du nom. Le principe est toujours le même, tu payes le tarif pigeon une fois et les suivantes tu ne payes que 2 euros. Chaque année, c'est quelques 3 à 5 millions de spectateurs qui profitent de l'occasion pour remplir les salles obscures.

Ce qui prouve au moins une chose: le spectateur (ou plutôt pour certains studios le client...) est sensible au prix de la place. Ah qu'il semble loin le temps des séances à 20 francs... Evidemment, quand on cherche les raisons de la hausse,  on se heurte à un océan de vide... L'explosion des coûts de production est à peu près le seul motif valable de cette augmentation. Mais combien de petits films, de Virgin suicides, de Garden state, d'Esquive faut-il pour se rendre compte que certains films faits avec des bouts de chandelles ont d'autres qualités que les performances pyrotechniques de Michael Bay (fort esthétiques au demeurant) et autres films qui coûtent des miyons? Ceux-là vont de toute façon bien marcher et rentrer dans leur frais.. Pourquoi ne pas mettre alors l'accent sur les films plus confidentiels? Y a quelqu'un chez les distributeurs?

Malgré le fait qu'ils engrangent des millions par centaines, les studios s'abstiennent de prendre le moindre risque créatif. Combien de franchises, de suite sans intérêt, de films reposant plus sur un matraquage marketing que sur une réelle volonté artistique? A force de prendre les gens pour des idiots, les gens vont finir par se braquer. Déserter. Imaginez une famille moyenne (2 parents, 2 enfants) venant un weekend à un ciné. Pas de bol c'est le weekend, aucune réduction possible. Bon bah à 9€ la place (plus dans certaines salles), 36€ dans la musette. Pour le même prix, ils peuvent acheter deux ou trois dvd pour voir, revoir, prêter un film... Au vu du coût, comment prendre le moindre risque dans le choix du film? Voilà comment les films originaux ou discrets voire oubliés par les promoteurs passent à côté de leur public.. Pour un pauvre étudiant (au hasard... moi), il est difficile d'assumer plusieurs sorties ciné par mois. La réponse est alors à double tranchant: la carte d'abonnement. Qui me permet de voir un assez grand nombre de films; et de l'autre côté tue les petits exploitants ne faisant pas partie des réseaux affiliés aux multiplexes. Alors  que ces petites salles sont précisément celles qui offrent aux petits films une vie rallongée. Pour moi, la carte m'incite à aller au ciné, il est clair que j'irai moins si je ne l'avais pas. Par contre je me rends beaucoup moins souvent dans des Utopia ou d'autres salles moins courrues... Mais du point de vue étudiant, le choix est malheureusement très vite fait...

En soi je n'ai rien contre ces blockbusters quand ils sortent non pas au nom d'un arrivisme financier, mais d'une réelle créativité (je vous toucherai mot bientôt d'Ocean's thirteen qui est une énorme déception). Mais le fait est qu'à leur sortie, le raz-de-marée marketing écrase tous les autres "petits" films. La fête du cinema serait l'occasion de voir des films qu'on irait pas forcément voir en temps normal... Les professionnels s'interrogent-ils sur les causes de ce déséquilibre dans la répartition des entrées? Trois jours dans l'année, c'est peu. Pourtant, quel rafraîchissement de voir, en choisissant au feeling, des films comme My summer of love ou The lake house...

Publié dans Ciné

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Da 27/06/2007 22:11

BIEN DIT!Bisous, vivement que tu viennes faire un tour par ici .. J'me fais iech.