The good Shepherd - Raisons d'Etat

Publié le par yak

Après Il était une fois dans le Bronx, Robert de Niro nous revient une seconde fois à la réalisation avec une distribution de rêve: Matt Damon, Angelina Jolie, Alec Baldwin ou Joe Pesci peuplent ce polar sorti il y a déjà bien longtemps aux Etats-Unis (décembre 2006). Edward Wilson, joué par le toujours impeccable Matt Damon, brillant élève de Yale, se voit proposer la possibilité d'intégrer la CIA, agence fraîchement créée pour contrecarrer les plans soviétiques pendant la guerre froide. Mais au fil du temps, il devient de plus en plus méfiant, jusque prendre conscience des sacrifices qu'il a dû consentir afin de préserver la survie de son job alors qu'il va être pris dans la tourmente qui suit le débarquement américain raté à la Baie des Cochons...

Plus qu'un film sur l'agence de renseignements, The good Shepherd s'attache à montrer les destins personnels, l'essorage constant que subissent les agents. Très certainement dévoués, patriotes encore plus, les agents de la CIA se doivent d'obtenir les informations dont ils ont besoin tout en gardant une couverture au mépris de toute forme de vie sociale. Mais aussi le pouvoir fascinatoire de leur statut fait miroiter méfiance et convoitise. Le sacrifice humain de ces hommes au service de la Nation rappelle tristement l'insignifiance de ces vies face à la Raison d'Etat (une fois n'est pas coutume, le titre français est plus évocateur que l'original). Face à la traîtrise, aussi.

Le film tient plus par sa narration et son scénario qu'à son esthétique claire-obscure qui fait très téléfilm français (et ce n'est pas un compliment). A l'image des agents vis-à-vis des personnes qu'ils côtoient l'image est froide, distante et binaire, comme si tout ce qui comptait tenait dans leur travail, et leur double vie. Du coup on s'attache moins au personnages, on voit se dérouler l'action avec recul. Matt Damon, plus Mr Tout-le-monde que jamais, se révèle inexpressif à souhait, conformément à la tâche qui lui est confiée. Angelina Jolie joue les potiches délaissées, ou plutôt mises à l'écart par un mari qui ne l'aura jamais réellement aimée, mais qui s'y sera attaché. Le film est propre, trop propre sans doute, et sans réel rythme. Il faut nécessairement avoir un goût certain pour ces jeux de pouvoir à l'instar d'un Good night & good luck ou d'un All the King's men pour supporter la longueur du film. Ce n'est pas le film du siècle, mais un film prenant, qui repose sur les épaules d'un Matt Damon qui laisse entrapercevoir le côté humain des machines de guerre du contre-espionnage...

Publié dans Ciné

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