Ze méduzes

Publié le par yak

Bon voilà, ce sera l'unique trait d'humour du post. Tout se noue lors du mariage de Keren. Coincée dans les toilettes du restaurant, elle se blesse à la cheville en s'en échappant. Batya est l'une des serveuses du restaurant, Joy fait partie des invités. A l'inverse d'un 21 grams ou d'un Crash, où les destins finissent par confluer, cette soirée constitue le point de départ du film. Dès lors, leurs chemins ne cesseront de se séparer.

Voilà un film tel que je les aime; scénario à tiroirs, ambiance prenante qui nous tient en lévitation jusque la conclusion, la quête irréelle de Batya, dont on ne sait si elle a réellement lieu ou si elle est seulement fantasmée, la lente désagrégation du couple de Keren, les hauts et les bas de Joy au gré de ses patients et de son mal du pays. Chacun se laisse flotter telles des méduses échouées.

Ce film suspend le temps. Un Tel-Aviv tout en contrastes y est présenté, où chacun vit dans sa bulle qui flotte dans l'air avec inattention jusque son éclatement, et l'ouverture aux autres (à un autre..), grâce auquel chacun reprend vie. La lente monotonie de leur existence est bousculée par une petite fille, par une mère, par une jeune femme. Chacun à son stade de son histoire, le film raconte l'éveil de chaque personnage, un peu à l'image d'un manifeste en faveur d'une ouverture sur le monde. Cesser de vivre en se repliant sur soi en attendant passivement des jours meilleurs, et aller de l'avant, aller vers les autres pour enfin trouver le chemin. La mise en scène minimaliste, les plans un peu détachés, la musique d'ambiance, ce formatage rigide finit par exploser vers un esprit plus optimiste, et surtout plus vivante, après une reprise en main salutaire, pour en finir avec les tourments. Un film très beau, qui en VO renvoie malgré lui (?) à un Lost in translation...

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